SOPHROLOGIE ET ULM

INTERVIEW de Luis FERNANDEZ
samedi 5 février 2005
par  Denise Lacote
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Conseiller Technique Sport, Direction Régionale Jeunesse et Sport de Toulouse.
Spécialiste de la sophrologie et de la gestion du stress pour les sportifs


Denise Lacote : On parle de plus en plus de préparation mentale ; concrètement, cela signifie quoi ?

L.F. : Il faut toujours partir du terrain, de la réalité de ce que vivent les sportifs. Quel que soit le sport que l’on pratique, on joue avec son corps, on lutte avec ses tripes, on gagne avec sa tête. Les sports aériens n’échappent pas à cette évidence, même si le corps a une moindre importance et est relayé par la machine et l’aisance du pilote dans l’air. Ce n’est pas obligatoirement parce qu’il est à l’aise dans l’air, qu’il maîtrise sa machine que le pilote fera un podium. En dernier ressort, la différence se fait dans sa tête. Et c’est là où intervient précisément le préparateur mental.

Denise Lacote : On parle souvent de Sophrologie pour la préparation mentale ; vous pouvez nous expliquer ?

L.F. : La Sophrologie est une science au même titre que la psychologie ou la psychiatrie. Cette science propose en plus un outil de travail : les méthodes sophrologiques. Pour bien comprendre, laissez-moi vous l’expliquer par une analogie : Ce n’est pas parce qu’un pilote maîtrise la lecture des courants ascendants et les techniques pour en tirer le meilleur profit qu’il va, à chaque manche gagner. Cette maîtrise des courants ascendants doit être mise au service de l’objectif de la manche, au service d’une façon correcte de penser pour « réussir sa manche ». Les méthodes sophrologiques sont un super outil pour une maîtrise des émotions, pour une maîtrise du stress, mais elles ne sont pas suffisantes, à elles seules, pour gérer tout le mental.

Denise Lacote : Mais alors, y aurait- il une méthode universelle de préparation ?

L.F. : Depuis plus d’un quart de siècle, je me suis efforcé de savoir ce qui se passe dans la tête d’un athlète, qu’il gagne ou qu’il perde. Aujourd’hui, je suis en mesure de dire que gagner, cela s’apprend comme une langue étrangère. Comme l’anglais ou le chinois ! Cette langue étrangère a sa grammaire, sa syntaxe, son vocabulaire. Pour l’instant, la plupart des compétiteurs « baragouinent » cette langue étrangère. Mais on ne l’apprend pas. Alors qu’elle peut s’apprendre !! Il y a dans cette langue des mots -clés, des démarches qui s’appliquent sans aucun problème à tout compétiteur, à tout chef d’entreprise, à tout homme politique, et, évidemment, à tout pilote de sport aérien engagés dans les compétitions.

Denise Lacote : Si j’ai bien compris, tout compétiteur, et notamment tout pilote d’ULM, peut apprendre cette démarche ?

L.F. : Bien sûr. Toute personne a bien les capacités d’apprendre une langue étrangère. Maintenant, cela ne signifie pas que telle ou telle personne n’ait pas des prédispositions plus ou moins développées. C’est au professeur, en l’occurrence au préparateur mental dans tenir compte. Maintenant, comme nous sommes dans un domaine délicat, le mental, il y a une règle de base à respecter impérativement : Maintenir le sportif dans la simplicité de lui- même. Samir est Samir, Denis est Denis, Philippe Zen est Philippe, et Samir fait du Samir, Zen du Zen et Denis du Denis !!!

Outre cette règle de base, il y a un autre point fondamental à prendre en considération : Le sport est une école de l’existence. Cela signifie que le sportif doit 174] lors de l’entrainement de Pouilly en 2003


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